Prévu de longue date, repoussé plusieurs fois, afin de terminer d'autres travaux et en dernier lieu afin d'attendre le vernissage du festival photo 2025, le chantier de la restauration du pont situé entre les 2 bassins a commencé début de juin 2025.
Il s'agissait d'un chantier d'envergure pour l'association. En effet, outre l'importance du projet, le pont mesure 25 mètres de long, ce chantier a nécessité de la technicité, l'installation d'échafaudages en milieu humide, posés directement dans l'eau des bassins, et un accès difficile pour les bénévoles, en contrebas du pont, a compliqué la mise en œuvre de la reconstruction.
LE PROJET
Le projet consistait dans un premier temps à démonter l'un après l'autre les 2 parapets très dégradés, construits en pierre et terre, récupérer les pierres et évacuer les gravats. Puis après avoir retrouvé les fondations et s'être assuré de la bonne tenue des voûtes, il était prévu de reconstruire les arches à l'aide d'un gabarit, remonter les parapets, en utilisant les moellons récupérés, en y intégrant le blason de l'abbaye sculpté par un des bénévoles.
Une fois les murs remontés et rejointés, le couronnement des parapets avec des pierres de taille était envisagé afin de redonner une fière allure à l'édifice. Et enfin, le galbe du tablier devait être remodelé tout en y installant un lit de pavés sur toute la traversée.
Croquis réalisé par Jean-Marie HAYE
Le pont avant les travaux de réhabilitation
Le pont après les travaux de réhabilitation
LA RECONSTRUCTION DU PONT
LE PREMIER PARAPET
De juin à début nobembre 2025, les bénévoles ont travaillé sur l'un des parapets. L'installation des échafaudages n'a pas été simple car il a fallu poser les tréteaux directement dans l'eau. Mais un fois les bastaings posés, le démontage a pu commencer. L'accès n'était pas trop aisé, mais le le parapet étant constitué uniquement de pierres liées avec de la terre comme cela se faisait autrefois, le démontage s'est passé sans encombre. Les pierres ont été récupérées et les gravas ont été enlevés à l'aide d'une remorque prêtée par un agriculteur de la commune.
Une fois la fondation atteinte en quelques semaines de travail, celle-ci s'est avérée saine permettant ainsi de débuter les travaux de remontage du parapet.
Pour le remontage, il a fallu dans un premier temps positionner le gabarit réalisé par Hervé Janssens sur la première arche, rebâtir la voute, puis le gabarit été positionné pour le remontage de la seconde arche..
Dès que les voutes ont été réalisées, le travail de reconstruction de l'ensemble du parapet a pu reprendre. Avant de poser les dernières rangées de moellons, le blason de l'abbaye, sculpté durant l'été par notre collègue, Philippe Brossard a été scellé.
Un léger galbe a été donné à l'ensemble en attendant le couronnement du parapet en pierres de taille.
Ci-dessous quelques images du chantier du premier parapet
LE SECOND PARAPET
Commencé dès décembre 2025, le démontage du second parapet s’est avéré plus compliqué que le précédent. En effet, s’il était bien composé de pierres et de terre à l’instar du premier, certaines parties avaient été renforcées à l’aide d’un contrefort constitué de pierre et de ciment.
Il a donc fallu démonter ce renfort à l’aide de perforateurs et reconstituer une fondation qui avait disparue, ce qui avait, sans aucun doute, justifié l’emploi de ce contrefort.
Une fois les fondations reconstituées, la pose de nouveaux gabarits de tailles différentes de ce côté du pont s’est également avérée délicate en raison d’une profondeur accrue de ce bassin.
De plus, les 2 arches étaient construites de façon différente, avec un ingénieux système d’écoulement des eaux :
L’une, plus évasée laisse passer le courant d’eau et se trouve être en pente, de sorte que le niveau du bassin sud (plus proche de l’église) est plus bas que celui en amont.
L’autre arche qui comporte un système complexe avec une bonde, était conçue pour permettre l’évacuation totale du bassin. Il n’a pas été possible d’en tester le fonctionnement qui ne semble plus en étant de marche.
Une fois les gabarits posés, la reconstruction des arches a pu commencer, suivie rapidement par l’élévation du parapet.
Celui-ci s’est élevé, au fil des semaines durant tout le printemps, rangée par rangée de pierres, chaque mercredi matin et 2 samedis matin par mois, à raison de 8 à 10 bénévoles présents à chaque séance.
Les pierres de la démolition étant insuffisantes, il a fallu utiliser les pierres du stock situé en haut du Clos.
Comme pour le premier parapet, le blason de l’abbaye sculpté par notre bénévole Philippe Brossard a été scellé à mi-hauteur, de sorte que les armoiries de l’ancien couvent soient visibles de part et d’autre de l’édifice.
Puis une fois l'élévation du parapet réalisé, il s’est avéré également nécessaire de réhabiliter les abords attenants du pont.
Les marches d’un escalier au bord du pont, couvert de végétation, ont été remaniées et l’ouvrage a été restauré à l’identique. Un mur de soutènement du bassin sud reliant le pont au lavoir-séchoir a également été démonté et entièrement reconstruit.
La bonde (bonde d’étang à pilon) endommagée retrouvée dans la cheminée de bonde a été restaurée par un de nos bénévoles et réinstallée dans son logement, bien que le système hydraulique d'originie ne soit plus fonctionnel. Mais elle restera le symbole, le vestige du système hydraulique complexe d’origine, mis en place à la construction du pont.
Puis tandis que les travaux de jointoyage se terminaient sur les 2 faces des 2 parapets, des travaux de décapage du tablier ont été entrepris, avec la pose d'un lit de tout-venant pour préparer l'implantation des pavés du tablier, et la pose des couvertines a été realisée. Ces pierres de couronnement, en pierre de Tercé de 70x60x7, fournies par l’entreprise Metayer Maçonnerie ont été posées de façon à donner un léger galbe aux parapets.
Les travaux de pose des pavés sur le pont ont pu alors débuté dès le 1 juillet. Après avoir réalisé deux caniveaux au droit de chacun des parapets, les pavés de granit ont été posés sur le tablier, en forme d’éventail ou coquille, communément appelée pose en queue de paon, tout en donnant un galbe à l’ensemble de l’ouvrage pour gérer l’écoulement des eaux, le tout posé sur une chape maigre.
Une fois le pavage effectuée, le jointoiement été réalisé en une seule journée, au coulis de mortier, lequel après avoir été étalé sur le sol a été progressivement nettoyé, puis décapé au karcher pour une finition impeccable donnant ainsi une belle finition à l’édifice.
Un potelet a enfin été sculpté et posé à l’entrée du pont sur un pavement en rosace afin d’empêcher tout intrusion éventuelle de véhicules.
Enfin une ultime étpe a consisté en la pose de pavés en continuité, sur l'espace situé entre le pont et l'escalier donnant accès à l'esplanade André Bévile, joliment ornés d'une rose des vents.
Le pont et ses abords ont ainsi été réalisés en un délai record de 16 mois exactement. Un coup de chapeau à l’ensemble de nos bénévoles !
Ci-dessous quelques images du chantier du second parapet